Rien avant le consentement
Aucun traceur non essentiel ne doit être déposé ni lu tant que l'internaute n'a pas donné son accord. La simple poursuite de la navigation ne vaut pas consentement.
Les cookies concentrent l'essentiel des sanctions prononcées par la CNIL sur le périmètre web, et pour une raison simple : le manquement se constate depuis un navigateur, en quelques secondes. Voici les règles applicables et la façon de les vérifier.
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L'essentiel
Le dépôt et la lecture de traceurs sur le terminal d'un internaute sont encadrés par l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose la directive ePrivacy — et non directement par le RGPD. Sauf traceur strictement nécessaire au service, aucun cookie ne peut être déposé avant un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque, qui doit pouvoir être refusé aussi simplement qu'il est accepté.
Aucun traceur non essentiel ne doit être déposé ni lu tant que l'internaute n'a pas donné son accord. La simple poursuite de la navigation ne vaut pas consentement.
Si accepter tient en un clic et refuser en trois, le consentement n'est pas libre. C'est le manquement le plus sanctionné par la CNIL sur ce sujet.
Mesure d'audience, publicité personnalisée, réseaux sociaux, personnalisation : chaque finalité doit pouvoir être acceptée ou refusée séparément.
Avant le choix, l'internaute doit savoir quelles finalités sont poursuivies et qui dépose les traceurs. Une formule générique du type « ce site utilise des cookies » ne suffit pas.
Un moyen permanent et accessible de revenir sur son choix doit exister — typiquement un lien discret mais présent sur toutes les pages.
Le responsable de traitement doit être en mesure de démontrer, à tout moment, que le consentement a bien été recueilli dans les règles.
L'exemption ne dépend pas du nom du cookie mais de sa finalité : il doit être strictement nécessaire à la fourniture du service expressément demandé par l'internaute. Entrent typiquement dans ce cadre :
La mesure d'audience occupe une position intermédiaire. La CNIL admet une exemption, mais à des conditions strictes : statistiques anonymes produites pour le seul compte de l'éditeur, pas de recoupement avec d'autres traitements, pas de transmission à des tiers. La configuration par défaut des outils d'analytics grand public ne remplit généralement pas ces conditions.
Les décisions les plus lourdes prononcées par la CNIL en matière de traceurs concernent deux manquements précis : le dépôt de cookies publicitaires avant tout consentement, et l'asymétrie entre le bouton d'acceptation et le mécanisme de refus. En décembre 2020 puis en décembre 2021, ces deux griefs ont donné lieu à des amendes se chiffrant en dizaines et centaines de millions d'euros contre de grandes plateformes.
L'enseignement pratique ne concerne pas que les grands acteurs. Ces manquements se constatent par un contrôle en ligne, sans intervention sur place et sans préavis. Un site de PME est exactement aussi observable que celui d'une multinationale — la différence porte sur le quantum de la sanction, pas sur la facilité du constat.
S'y ajoute le canal des plaintes : un internaute qui constate un bandeau non conforme peut saisir la CNIL directement. C'est l'origine d'une part significative des contrôles.
Le test de base tient en trois gestes. Ouvrez le site en navigation privée. Ne cliquez sur rien. Ouvrez les outils de développement du navigateur, onglet Application puis Cookies.
Si des traceurs autres que ceux de la liste d'exemption ci-dessus sont déjà présents, le manquement est constitué — et il est constatable par n'importe qui, y compris par un plaignant ou un agent de la CNIL.
La limite de cette méthode est son périmètre : elle ne dit rien des autres pages. Or les écarts se logent souvent hors de la page d'accueil, sur une fiche produit qui charge un pixel publicitaire, ou sur une landing page ancienne restée en ligne avec un ancien tag.
Complio inventorie les traceurs réellement déposés, page par page, et identifie ceux qui le sont avant tout consentement.
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